A fin octobre 2016, les importations ont atteint 38,7 Mds$ et les exportations 23,2 Mds$. La balance commerciale enregistre ainsi un déficit record de 15,6 Mds$ (11,1 Mds$ fin octobre 2015), malgré une baisse de 9,4% des importations. Cette baisse a été laminée par celle beaucoup plus importante (-28,8%) des exportations. Celles-ci n’ont couvert, à fin octobre, que près de 60% des importations contre 74% à la même période de 2015 (108% et 118% respectivement en 2014 et 2013).
| 2008 | 2009 | 2010 | 2011 | 2012 | 2013 | 2014 | 2015 | oct-15 | oct-16 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Exportations | 79,3 | 45,2 | 57,1 | 73,5 | 73,7 | 65,0 | 63,0 | 36,8 | 31,6 | 23,2 |
| Importations | 39,5 | 39,3 | 40,5 | 47,2 | 46,8 | 55,0 | 58,3 | 51,5 | 42,8 | 38,7 |
| Solde balance commerciale | 39,8 | 5,9 | 16,6 | 26,2 | 26,9 | 9,9 | 4,6 | -14,7 | -11,1 | -15,6 |
| Taux de couverture (%) | 201% | 115% | 141% | 156% | 158% | 118% | 108% | 71% | 74% | 60% |
Source : CNIS
Ce constat s’explique évidement par la situation que vivent les marchés pétroliers. Le prix du panier du pétrole brut de l’OPEP a perdu 24% de sa valeur durant les 10 premiers mois de l’année. En conséquence, les exportations des hydrocarbures (94% des exportations totales) ont chuté de 27,4% (-8,2 Mds$).
Les exportations hors hydrocarbures se sont établies à 1,46 Mds$ dont 77% de demi-produits et 15% de biens de consommation alimentaires. Elles ont chuté de 15,6% en valeur, du fait de la baisse des cours des demi-produits (-37,3%). Par contre elles ont fortement progressé en volume (+20,8%). Les principaux produits exportés sont les engrais minéraux ou chimiques azotés (374,8 M$), l’ammoniac anhydre ou en solution aqueuse (303,6 M$) et les solvants naphta (autres usages) (321,6 M$) pour les demi-produits. Pour les biens de consommation alimentaire, il s’agit des sucres (151,1 M$).
Depuis 2015, la baisse des revenus pétroliers a contraint les pouvoirs publics à réduire les importations : -9,4% en valeur courante fin octobre 2016 (-11,3% fin octobre 2015). Toutefois cette baisse est loin de toucher seulement les volumes : la baisse en volume a été limitée à -4,2%, alors que celles des prix a été de - 5,5% telle qu’indiquée par l’indice des valeurs unitaires (IVU calculé pour les prix en dollars). En 2015, la baisse en valeur a été de 11,7% se décomposant en une hausse en volume de 3,7% et une baisse des prix (indice de valeur unitaire) de 14,9%.
Nous avons donc sur les deux années 2015 et 2016 un important effet prix (baisse de 17%), alors que l’effet volume aura été pratiquement nul. Cela explique d’ailleurs que mis à part des secteurs particuliers comme l’automobile par exemple, les effets de la baisse des importations ont été assez peu ressentis. Cette évolution pose aussi un problème important. On ne sait pas en effet si cette évolution ne risque pas de s’inverser si la conjoncture mondiale s’améliorait.
