En 2016, les importations ont atteint 46,7 Mds$ et les exportations 27,9 Mds$[1] . La balance commerciale affiche ainsi un déficit record de 18,8 Mds$ (14,7 Mds $ en 2015). La baisse de 9,3% des importations a ainsi été largement compensée par celle des exportations (-24,2%). Les exportations ne couvraient que près de 60% des importations contre 71% en 2015 (108% et 118% respectivement en 2014 et 2013).

Evolution des importations et des exportations à fin 2016 (Mds $)
  2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Exportations 79,3 45,2 57,1 73,5 73,7 65 63 36,8 27,9
Importations 39,5 39,3 40,5 47,2 46,8 55 58,3 51,5  46,7
Solde balance commerciale 39,8 5,9  16,6  26,2 26,9 9,9 4,6 -14,7 -18,8
Taux de couverture (%) 201% 115% 141% 156% 158% 118% 108%  71% 60%

Source : CNIS

Les exportations d’hydrocarbures (94% du total des exportations) qui ont atteint 27,1 sont en baisse de 8,6 Mds$ (-24,8%). Celles de pétrole brut (40% des exportations des hydrocarbures) ont reculé de 31% du fait du recul des cours et des volumes exportés. En 2016, le panier OPEP a perdu 17,6% (de 49,5 à 40,8 dollars/b). Les quantités exportées ont baissé, quant à elles de 26,5% : 759 000 b/j en 2015 à 558 000 b/j en 2016. Les exportations de gaz de pétrole (43% des exportations des hydrocarbures) enregistrent elles aussi une forte baisse (-21,4%) suite à une baisse de 9,7 % en volume et de 13% des prix (tel indiqué par l’IVU à l’exportation calculé en dollar).

Les exportations hors hydrocarbures se sont établies à 1,78 Mds$ reparties principalement en demi-produits (73%) et biens de consommation alimentaires (18%). Elles ont chuté de 13,6% en valeur, du fait de la baisse des cours des demi-produits (-35,9%). En revanche elles ont fortement progressé en volume (+21%). Les principaux produits exportés sont les engrais minéraux ou chimiques azotés (447,7 M$), l’ammoniac anhydre ou en solution aqueuse (323,9 M$) et les solvants naphta (autres usages) (388,2 M$) pour les demi-produits. Pour les biens de consommation alimentaire, il s’agit des sucres (231,6 M$).

Les importations poursuivent leur tendance baissière. Elles ont reculé de 9,3% (-4,8 Mds$) en valeur courante (-11,7% en 2015). Comme en 2015, la baisse en volume est beaucoup moins importante : 4,3% (3,7% en 2015). Ici aussi, l’’effet prix est le plus significatif : -5,2% tel qu’indiqué par l’indice des valeurs unitaires (IVU calculé pour les prix en dollars).

Visiblement les pouvoirs publics peinent à réduire réellement la facture des importations. Beaucoup de produits (55% des positions tarifaires recensées) indiquent au contraire une hausse en volume en 2016 (60% et 53% des biens de consommation non alimentaire et des biens alimentaires respectivement). Ces hausses en volume donnent en cumulé l’équivalent de près de 6,1 Mds$ supplémentaire sur la facture des importations. Il faut noter que sur les deux dernières années, l’Algérie bénéficie d’une conjoncture des prix favorable particulièrement pour les biens alimentaires et les biens intermédiaires (-8,8% et -7,7% de baisse de prix tel que indiqué par IVU calculé pour les prix en dollars).

La volonté des pouvoirs publics de faire baisser les importations a des effets multiples. Pour ce faire deux instruments sont utilisés. Le premier est évidemment le taux de change. Le deuxième les restrictions quantitatives avec les licences. La baisse du taux de change, si elle fait baisser les importations (et la demande globale) à la suite du renchérissement des produits,  renchérit aussi les biens d’équipement. Les deux effets, l’augmentation des prix et la baisse de la demande, vont freiner l’investissement. On ne sera donc pas étonnés de constater une baisse de l’importation de biens d’équipement. 

Evolution des importations par groupe d’utilisation en 2016
  2015 2016 ∆ valeur IVU ∆ volume
Alimentation, boissons, tabac 9 313,9 8 224,0 -11,7% -8,8% -3,2%
Energie et lubrifiants 2 348,5 1 291,9 -45,0% -26,4% -25,2%
Matières premières 1 447,5 1 447,5 0,0% 5,1% -4,8%
Produits bruts 103,1 111,9 8,5% -13,7% 25,8%
Demi-produits 11 981,9 11 482,1 -4,2% -6,4% 2,4%
Equipements agricoles 663,6 501,1 -24,5% 1,2% -25,4%
Equipements industriels 17 045,7 15 393,6 -9,7% -3,3% -6,6%
Biens de consommation 8 597,1 8 273,5 -3,8% 0,4% -4,2%
Total 51 501,3 46 725,7 -9,3% -5,2% -4,3%

Les principaux fournisseurs de l'Algérie sont la Chine (18%), suivie de la France et de l’Italie avec 10% chacune. l'Espagne et l'Allemagne arrivent en 4eme et 5eme position avec respectivement 8% et 6%. Les importations en provenance de la Chine ont progressé de 2% alors que celles provenant des autres fournisseurs ont pour la plupart baissé : France (-12,5%), l'Allemagne (-11%) et l'Espagne (-9%) ou les USA (-13,6%).

S’agissant des principaux clients de l’Algérie, l’année 2016 montre une toute autre configuration qu’en 2015. Avec une part de (17%), l’Italie détrône l’Espagne qui cumule (13%) des exportations. Les USA remontent à 3ème position (7ème en 2015) devant la France (11%). Le Brésil (5%) et le Canada (5%) arrivent en 5 et 6ème position devants des clients traditionnels comme les Pays-Bas (7ème) et la Grande Bretagne (9ème).

 
 

[1] Dans une conférence de presse organisée le lundi 16/01/2017, le directeur des relations publiques et de l’information à la Direction générale des douanes, Mr Djamel Brika a indiqué que les importations et les exportations ont atteint respectivement 46,72 mds usd et 28,88 mds usd en 2016 contre 51,7 mds usd et 34,66 mds usd en 2015. Le lecteur peut constater une différence entre les chiffres publiés dans cet article et ceux donnés par ce responsable. Pour rappel nos chiffres proviennent directement du CNIS.