Au cours de l’année 2018, le produit intérieur brut algérien a augmenté de 1,5%. Ce taux est sensiblement le même que celui de 2017.

 

En 2018, le PIB à prix courant a atteint 2035 milliards de DA, soit l’équivalent de 175 milliards de dollars. Il se décomposait ainsi par secteurs :

 

L’évolution sectorielle en  2018 ne montre pas de rupture radicale par rapport aux tendances qui se sont dégagées depuis 2014 : des taux de croissance négatifs dans les hydrocarbures, une baisse tendancielle de la croissance de la  production des services non marchands, une croissance agricole plutôt élevée mais fluctuante, le maintien d’une croissance relativement élevée dans les autres secteurs. La croissance de 2018, surtout une forte chute de la production des hydrocarbures, et une faiblesse de la croissance des services non marchands. Dans les autres secteurs, on constate une croissance non négligeable, notamment dans le BTPH et les services marchands.  Dans l’industrie aussi, elle reste relativement élevée, même si elle a baissé d’un point par rapport à l’année passée.

Tableau 1 : Evolutions sectorielles en 2018
  Croissance Prix courants %
Agriculture 6 2505 12,3
Hydrocarbures -6,2 4364 21,4
Industrie 3,7 1130 5,6
BTPH 5,6 2413 11,9
Services marchands 4,5 5306 26,1
Services non marchands 1,2 3146 15,5
TVA -0,8 1172 5,8
Droits et taxes sur importations -11,7 318 1,6
Total 1,5 20354 100,0

Source : ONS 
Unités : % et milliards de DA

La croissance dans l’agriculture est à replacer dans un trend haussier que ce secteur connait depuis une très longue période. Sur la période 2014-2018, la croissance annuelle moyenne a été de 3,4%.

La baisse de la production du secteur des hydrocarbures a, elle, été entamée depuis quelques années et semble donc liée à des difficultés structurelles sur lesquelles on reviendra dans un prochain article.

La performance du BTPH, semble imputable à des dépenses d’équipement public qui ont légèrement augmenté par rapport à 2017, mais surtout la proportion du budget dédiée à l’investissement a été plus importante en 2018.

Concernant les services marchands, les évolutions par sous-secteurs ont été les suivantes :

Tableau 2 : évolution des VA dans les services
  2014 2015 2016 2017 2018 VA 2018 %
Transport et communications 6,1 6,3 4 4,9 6,5 2193950,7 41,3
Commerce 10,5 5,1 1,8 3,5 2,8 2267740,6 42,7
HRC 1,9 1,3 1,3 1,8 2 287191,8 5,4
Services fournis aux entreprises 7,7 2,9 2,2 2,7 5,5 274378 5,2
Services fournis aux ménages 4,7 7,3 6,9 7,1 4,3 282902,7 5,3
Ensemble des services 8,1 5,4 2,8 4,1 4,5 5306163,8 100,0

Source : ONS, comptes économiques trimestriels 
Unités : % et millions de DA

On voit que l’évolution des services est déterminée fortement par le commerce et les transports et communications qui détenaient chacun plus de 40% de la valeur ajoutée des services en 2018. La valeur ajoutée du secteur commercial est par définition la marge commerciale. Cette dernière est principalement déterminée par le volume des marchandises vendues, l’évolution des prix des marchandises achetées et ceux de la vente et enfin par le taux de marge. L’évolution en volume se calcule à prix et taux de marge constants. La croissance en volume du secteur commerciale va  être déterminée principalement par l’évolution de la demande de biens de consommation finale. Ceci explique l’évolution modérée du secteur commercial. Il en est autrement de l’autre composante importante du secteur des services, à savoir les transports et communications et notamment les télécommunications et les transports de voyageurs, qui connaissent une croissance importante qui ne se démentit pas.  La croissance des autres sous-secteurs, même si elle est relativement importante impacte assez peu pour le moment la croissance d’ensemble des services.

La croissance de l’industrie, même si elle est relativement importante et stable, n’impacte pas beaucoup la croissance d’ensemble tenant compte de la modicité de la place qu’occupe l’agriculture dans le PIB. La croissance de l’industrie est essentiellement imputable au secteur privé. Celle de l’industrie publique est en effet quasiment nulle.  Au cours de 2018 la production du secteur public hors hydrocarbures a été de 0,9% et celle de l’industrie manufacturière publique de -0,9%. 

Pour l’année 2019, le projet de loi des finances tablait sur une croissance de 2,6%. La prévision du FMI est de 2,3% et enfin celle de la banque mondiale, établie en avril 2019, était de 1,9 %.