L’ONS vient de publier les chiffres de croissance du deuxième trimestre 2016. Comme nous le soulignions dans notre note de synthèse publiée en octobre, la croissance hors hydrocarbures reste relativement élevée. Ceci  confirme ainsi nos anticipations sur l’évolution des différents secteurs d’activité, notamment l’agriculture, le BTP et les services pour lesquels nous avions peu d’indications. La surprise vient sans doute de l’agriculture et du BTP. Pour le premier secteur du fait de la baisse de la production de céréales, on aurait pu s’attendre à une évolution moindre. Mais ce sera sans doute au troisième trimestre que ceci apparaitra. Pour le deuxième secteur, la stagnation du budget d’équipement présageait de quelques difficultés dans le secteur. Contre toute attente on a assisté à une croissance de 4,4% au premier trimestre et de 8,3 au deuxième, soit une moyenne de 6,3% ce qui est appréciable. 

Tableau 1 : Croissance trimestrielles par grands secteurs d’activité
  1er T 2e T Moyenne
Agriculture 4,8 5,3 5,0
Hydrocarbures 3 0,2 1,6
Industries 4,2 3,4 3,8
BTP 4,4 8,3 6,3
SM 4,5 5 4,7
SNM 2,8 3,3 3,0
PIB 4 3,4 3,7
PIBHH 4,3 4,7 4,5

 

Les chiffres publiés par l’ONS ne nous disent pas toutefois comment ont évolué les différentes composantes de l’offre et de la demande sur le marché des biens et services. C’est ce qui fait d’ailleurs que le titre de comptes économiques trimestriels donné à la publication exagère un peu son contenu.

Du côté de l’offre, on sait, d’après l’ONS,  que les importations de marchandises ont baissé de 5,7% en volume au premier semestre. Ceci fait évidemment que les ressources, l’offre, croissent moins que le PIB. Il faut sans doute compter moins de 1%, si on tient compte de la composition des ressources en 2015. Cette faible croissance des ressources se retrouve bien évidemment du côté des emplois (la demande).  Elle devrait se traduire par une évolution négative de l’investissement. Dans la mesure où la composante BTP semble avoir assez fortement augmenter on devrait constater une baisse conséquente de la composante biens d’équipement. Ceci apparait quelque peu dans l’évolution en volume des importations en biens d’équipement qui en constituent  la plus grande partie. Les importations de biens d’équipement industriels ont en effet baissé en volume de 14,4% au premier semestre, et celles de biens agricoles de 22,6%. Cette tendance est évidemment inquiétante. Elle pourrait être liée à la forte dépréciation du DA qui a pour conséquence un renchérissement des biens d’investissement qui oblige à reconfigurer et renégocier le financement des projets entre autofinancement et crédit bancaire, tout au moins pour les investisseurs qui accèdent au crédit bancaire.