Au cours du mois de février, le rythme d’inflation annuel, s’est situé à 4,5%.  Il est légèrement supérieur à celui de 2018 (4,3%) mais inférieur à ceux enregistrés en 2016 et 2017. Le différentiel avec l’évolution antérieure semble entièrement s’expliquer par l’évolution des prix des produits agricoles frais, qui ont une tendance à la baisse depuis le deuxième semestre 2018.

 

Il n’en demeure pas moins que ce rythme, même corrigé à la hausse pour tenir compte l’évolution des produits agricoles frais, est loin de ce qu’on craignait comme conséquence de l’utilisation du recours à la planche à billet pour éponger le besoin de financement du trésor.  Faut-il donner alors donner raison au gouvernement précédent ? En fait il n’en est rien. La raison semble résider dans les retards importants pour que le surcroit de monnaie s’imprime dans le rythme d’inflation d’une part[1] et dans les importantes fluctuations à court terme due à de nombreux phénomènes d’autre part.  Le financement monétaire est allé progressivement depuis le deuxième semestre 2017, pour atteindre un stock de plus de 3114 milliards au mois de janvier 2019[2]. Ce montant représente près de 15,3% du PIB qu’on peut estimer pour 2018.  Même avec retard, ceci ne manquera pas d’avoir un impact sur le rythme d’inflation.


[1] Voir à ce sujet la recherche du FMI intitulée : determinants  of inflation, IMF Country Report No. 17/142, algeria, selected issues

[2] Voir la note de la banque d’Algérie sur le « point de situation sur le financement non conventionnel », mars 2019.