L’inflation s’est accélérée. Mais l’évolution s’effectue de manière très différente selon les secteurs. Par groupe de produits, c’est-à-dire par fonction, on voit que les groupes qui ont le plus augmenté sont l’habillement et chaussures, les transports et les transports et communications, ainsi que le groupe « produits divers ». Viennent ensuite l’alimentation, les meubles, et la santé. De tous les groupes, seuls les logements et charges et le groupe éducation culture et loisirs ont connu des rythmes modérés. Mais les poids cumulés de ces deux groupes sont plutôt faibles et donc amortissent assez peu la hausse globale.

Les différences intersectorielles dans les évolutions sont liées à l’insuffisance de l’offre pour certains produits de manière ponctuelle ou durable, aux différences d’évolution des coûts entre les secteurs  (ou bien des gains de productivité), ou bien l’intensité de la concurrence. 

L’exemple le plus frappant est la différence des évolutions entre les prix des produits agricoles frais et celui des biens alimentaires industriels. Alors que l’indice des premiers en base 100 en 2001, est à 266 en mars 2017, celui des deuxièmes est à 166. De manière générale les prix des biens manufacturés évoluent plus lentement que ceux des services. Cela s’explique par des gains de productivité, et donc de baisse des coûts réels, beaucoup plus importants dans l’industrie que dans les services.  L’indice des prix des services était ainsi à 196 en Mars 2017.

Les gains de productivité sont normalement plus rapides dans la production agricole que dans les services. Ceci ne se reflète pas toutefois dans les évolutions des prix. Les indices donnés précédemment montrent que les prix des produits agricoles frais évoluent plus rapidement que ceux des services.  Ils détiennent en outre une pondération importante dans l’indice global, pondération plus importante que celle des services par ailleurs : 263 sur 1000 pour les produits agricoles frais et 170 pour les services. La question des prix des produits agricoles frais pose ainsi un problème structurel qui ne pourra se régler par une offre beaucoup plus importante, en ayant au besoin recours à l’importation et dans le même temps la solution du problème de la distribution afin qu’y règne une véritable concurrence.