La comparaison des deux structures montre un changement important, l’augmentation de la part des loyers et charges du logement qui, désormais atteint 20,4% de la consommation des ménages. Deux autres changements importants apparaissent : l’augmentation des transports et communication qui passent de 9,4% de la consommation des ménages à 12. Un autre changement était attendu, celui de la baisse de la part de la consommation alimentaire. Cette baisse fait partie des traits communs que nous retrouvons dans toutes les sociétés où le niveau de vie augmente. Tout comme nous retrouvons aussi la baisse de l’habillement. Mais dans notre cas celle-ci est de faible ampleur (-0,5%), et on peut se demander, en outre, si cette baisse ne reflète pas simplement la baisse des prix relatifs de produits de ce type.

Les pronostics sont contredits par contre pour la santé et les loisirs. Traditionnellement le poids de ces dépenses augmente en effet à mesure du relèvement du niveau de vie. Dans notre cas il baisse légèrement. Les dépenses de santé et d’hygiène corporelle passent de 6,2% à 4,8%. Celles d’éducation, culture et loisir à 3,2% contre 3,9% en 2000.  Mais là aussi on peut se poser la question si cela ne reflète pas simplement un simple effet prix. Les prix des services de santé et des médicaments étant en partie subventionnés.
Quelle que soient les évolutions de la part des différents produits, les montants qui leurs sont consacrés  ont dans tous les cas augmenté. La consommation totale a atteint 4489 milliards de DA. Rappelons que le PIB en 2011 était estimé à 14.519 milliards de DA. La propension à consommer était ainsi d’un peu plus de 30%
Les marchés les plus importants sont celui de l’alimentaire, de la location et des transports et communications. Ils sont respectivement de 1875 milliards de DA, 916 et 540. Les autres postes oscillent entre 120 milliards (meubles et articles ménagers) et 363 (habillement et chaussures).
La répartition par décile de population montre une répartition légèrement plus égalitaire qu’en 2000, la part du décile le plus riche baissant de 28,6% à 26 au profit de tous les autres déciles qui ont tous légèrement augmenté. Le dixième  décile s’accapare ainsi 26% de la consommation, soit 1167,2 milliards de DA. A eux trois, les déciles 8, 9 et 10 se répartissent plus de 50% de la consommation (respectivement 26 , 14,7 et 11,8%).

Les résultats obtenus dans cette enquête sont assez proche des estimations faites précédemment par les services de la comptabilité nationale. Les comptes nationaux de 2011 estimaient ainsi la  consommation finale des ménages de 4475 milliards de DA. A noter que les mêmes comptes estiment le revenu disponible brut des ménages et entrepreneurs individuels à 7262 milliards. La propension à consommer des ménages et entrepreneurs individuels était ainsi de 61%. L’épargne des ménages et entrepreneurs individuels va financer une accumulation brute de fonds fixes (construction de  logement par les ménages et équipement des entrepreneurs individuels) de 563 milliards de DA, dégageant ainsi une capacité de financement de 2185 milliards de DA. C’est un montant important évidemment et il serait intéressant de savoir comment il est placé.