Au cours des années récentes, l’économie nationale semble avoir trouvé une forme d’équilibre, créant en postes d’emploi, en net, l’équivalent des nouvelles arrivées sur le marché du travail, soit environ 200.000 personnes par an depuis 2009. En conséquence le taux de chômage stagne pratiquement. Il était à 9,8% environ en avril 2014.

 

N.B: pour toutes les années l’enquête a été réalisée au quatrième trimestre, sauf pour 2014 où elle a été réalisée en avril.

L’évolution de l’emploi sur une décennie montre que la période 2010-2013 marque une inflexion dans le rythme de croissance de l’emploi.  Mais cette inflexion joue de manière très différente selon les secteurs. 

L’agriculture est marquée par une baisse rapide des effectifs de 2005 à 2009. Cette baisse se poursuit à la période suivante mais à un rythme beaucoup moins important. Cette évolution des effectifs se produit en même temps qu’une croissance relativement élevée de la production. Les deux phénomènes jouent dans le même sens pour aboutir à une très forte hausse de la productivité. 

Dans l’industrie, on assiste au contraire à une hausse modérée des effectifs au cours de la première période et qui va s’accélérer ensuite. La hausse de la productivité que nous constatons à la première période fait place à une stagnation ensuite.

Dans le BTPH, nous constatons une très forte croissance des effectifs au cours de la première période.  Celle-ci, plus forte que celle de la production, a pour conséquence une baisse de la productivité. Nous constatons le phénomène inverse au cours de la deuxième période, où les effectifs stagnent pratiquement, alors que la production continue à croitre, ce qui aboutit à une productivité en forte hausse.

Dans les services, les données sur l’emploi ne nous permettent malheureusement pas de séparer le secteur marchand et le non marchands. Si nous ajoutons la production des deux secteurs, le rythme de croissance de la production est à peu près identique sur les deux périodes.  Il  en est de même pour l’emploi, mais, le premier étant supérieur au second, on observe une croissance de la productivité.

La croissance de la productivité se retrouve aussi au niveau global si nous prenons le PIB hors hydrocarbures.

Evolution de la valeur ajoutée, de l’emploi et de la productivité
  Production Emploi Productivité
  2004-2009 2010-2013 2005-2009 2010-2013 2005-2009 2010-2013
Agriculture 5,7 8,1 -5,2 -2,1 10,8 10,2
Industrie 4,5 4,1 2,4 4,2 2,2 -0,1
BTPH 9,7 7,2 12,1 1,1 -2,4 6,1
Services 6,7 6,3 5,1 4,9 1,6 1,4
BIP hors hydicarbures 6,6 6,6 4,0 3,3 2,6 3,3

Unité : %/an
Source : d’après données ONS

C’est vers les services que s’oriente le plus fortement la création de nouvelles entreprises comme l’illustrent les données du CNRC.

 

Bien entendu, l’emploi ne se crée pas seulement avec de nouvelles entreprises. Il peut provenir aussi d’une meilleure utilisation des capacités de production qui oblige à embaucher ou bien de l’extension d’unités existantes.  Mais dans tous les cas l’investissement est lié à l’anticipation d’une hausse durable de la demande. D’autres facteurs interviennent aussi évidemment comme le taux de profit (qui est corrélé au degré de concurrence) ou un accès différencié au financement.  Nombre de ces facteurs semblent effectivement favoriser le secteur des services.

Notons enfin, un phénomène très positif qui est la baisse de la part de l’emploi non assuré dans l’emploi.  Ceci se retrouve non seulement au niveau global, mais aussi dans tous les secteurs d’activité.  Les progrès sont lents dans les secteurs où le taux de non déclaration est  particulièrement élevé comme l’agriculture et le BTP. Dans ces deux secteurs le taux passe respectivement de 90% à 85% et de 78% à 75%. Dans l’industrie, il baisse de 10 points passant de 48,5% à 37% et dans les services de 31% à 27%. Notons toutefois que ce « secteur » est très disparate de ce point de vue.  Le taux de non déclaration reste particulièrement élevé dans le commerce. Il était de 64% en 2013. Mais là aussi, il a connu des progrès rapides puisqu’en 2009, il était encore à 71%. Globalement le taux passe de 52% en 2004 à 42% en 2014.