L’ONS a estimé le taux de chômage en septembre 2015 à 11,2%, soit une hausse de 0,6% par rapport à septembre 2014. Cette hausse à laquelle on pouvait s’attendre à la suite du  ralentissement attendue des dépenses publiques et des recrutements dans l’administration, montre toutefois des éléments qui ne correspondent pas tour à fait à ce scénario. En premier il résulte d’une hausse très importante de la population active 479.000 personnes. Normalement l’accroissement annuel moyen de la population active est de 2,6% environ. Ce qui par rapport à septembre 2014, nous situerait à 300.000 environ. Beaucoup moins que l’accroissement effectif de 479.000. Il est vrai que l’enquête de septembre 2014 montrait une baisse par rapport à 2013 de…511.000. Il semble donc qu’il y ait une hausse du taux de chômage, mais qui aurait pu tout aussi bien arriver en 2014. Par ailleurs nous constatons une création nette d’emploi qui est loin d’être négligeable pour une année de basse conjoncture, 355.000, ce qui dépasse la croissance annuelle moyenne de la population active. Autre phénomène très important aussi s’il se confirme, ce fort accroissement annuel s’accompagne d’un changement important de la structure de la population occupée à savoir, l’accroissement extrêmement important du nombre de salariés permanents (+902.000) au détriment des salariés non permanents (-768.000). Il est difficile toutefois de donner une explication à un phénomène d’une aussi grande ampleur en un aussi court laps de temps. Des analyses plus approfondies des données de l’enquête de l’ONS nous donneront sans doute une explication. L’autre phénomène majeur est la très forte croissance des effectifs de l’industrie manufacturière : +87.000.  S’il devait se confirmer, ce mouvement pourrait être extrêmement  important. En effet l’évolution de la production dans l’industrie manufacturière publique en 2015 est stable et donc ne crée pas d’emploi. Cela voudrait dire que la création d’emploi observée dans l’industrie serait entièrement le fait de l’industrie privée. Et si elle a effectivement atteint  cette ampleur, cela voudrait dire que « l’industrie privée bouge ».  On pourra sans doute le confirmer assez rapidement. En revanche l’évolution dans le BTP semble correspondre à ce à quoi on s’attendait à priori, tenant compte de la demande publique à savoir une baisse : -50.000. Dans les services les effectifs augmentent aussi fortement : +260.000. Mais il est difficile de faire une analyse, ici, tant les données de l’ONS sont agrégées, mettant dans la même catégorie, le commerce, le transport, les autres services marchands et les services non marchands.